La Famille Blaireau-Renard

By on 17 mars 2018
La Famille Blaireau-Renard

La Famille Blaireau-Renard

La Famille Blaireau-Renard

France TV a présenté hier en avant-première sa nouvelle série : « La Famille Blaireau-Renard », destinée aux 4-7 ans, à un public de préscolaires donc, mais aussi à leurs parents et même à leurs grands-parents. Par-delà les générations, la série s’adresse aussi aux « exs » et aux amis. C’est la première fois qu’une série diffusée dans la case des Zouzous, à la télévision, met en scène les enfants et les parents à égalité. C’est également la première fois que France Télévisions, France 5 en particulier, produit une série qui traite du « vivre-ensemble », un sujet sociétal majeur, par le prisme des animaux. Aborder la famille recomposée en prenant comme personnages principaux des renards et des blaireaux, fallait oser. Madame Renard est amoureuse de Monsieur Blaireau. Ils décident de s’installer ensemble, dans le même terrier avec leur progéniture respective : Carcajou le compétiteur, Glouton le médiateur, Roussette l’enthousiaste, Cassis moi aussi, Marguerite l’optimiste, Edmond le fidèle et tous les copains. Pour les enfants renardeaux et blaireautins, vivre dans un univers qui n’est pas celui qui leur est prédestiné, partager l’amour de leur mère et de leur père avec d’autres –hier inconnus, composer avec des frères et des sœurs inattendus, trouver sa place au sein d’une famille élargie : tel est l’enjeu de cette série de 52 épisodes de 12 minutes qui démarre le 9 avril.

La Famille Blaireau-Renard

La Famille Blaireau-Renard

À l’origine deux créatrices ont imaginé l’histoire de Monsieur Blaireau et Madame Renarde, qui a fait l’objet de 6 bandes dessinées en 12 ans, publiées chez Dargaud Jeunesse éditeur. Brigitte Luciani à l’écriture et Eve Tharlet aux dessins, se complètent non seulement d’un point de vue artistique mais aussi personnel. L’auteur est Allemande et l’illustratrice, Française, a vécu longtemps en Allemagne. La première est fille unique et s’est toujours demandé l’effet que cela produirait de jouer au sein d’une fratrie quand la seconde évolue désormais au cœur d’une famille réinventée. Eve a longtemps vécu en symbiose avec la nature finistérienne, d’où je proviens moi-même, et a observé avec acuité les terriers de blaireaux et l’évolution des renards ; la nature et son univers singulier composé de castors, de loutres et de genettes. Elle a recyclé en dessins les coutumes paysannes ancestrales comme enfouir dans la terre ce qui est devenu jetable ou hors d’usage, à défaut de le contenir dans des poubelles. Quant à Brigitte, elle s’est adaptée à un nouveau territoire, arrivant en France, à de nouvelles règles de vie en société, de nouveaux us et coutumes. Toutes deux ont vécu un choc culturel et c’est ce patrimoine intime qu’elles ont décidé de prolonger à travers leur BD.

La Famille Blaireau-Renard

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Pour autant « Monsieur Blaireau et Madame Renarde », et la série télé qui en constitue l’adaptation, ne s’appréhende pas de manière anthropologique. Pour les producteurs, il s’agissait de trouver le juste équilibre. C’est « vrai ». D’autant plus authentique transposé chez les animaux, pour permettre au public de prendre de la distance avec les situations et les thèmes abordés : la honte, la jalousie, les rivalités, l’amour et l’amitié, l’abus de pouvoir entre mômes, les simulations et autres ruses, le rapport au corps, grandir, la mixité, les petites trahisons du quotidien. Autant de situations paradoxales de la vie sans qu’aucun jugement ne soit émis. Il ne s’agit pas de dire ce qui est bien ou mal, il n’est pas question de donner une leçon de morale. Le propos est plus malin : chaque épisode part d’une rivalité et aboutit à une réconciliation et, tout au long des dialogues, une mécanique émotionnelle est décortiquée.

Tous les épisodes sont construits sur le même schéma : il est d’abord question d’un personnage qui va devoir résoudre une problématique individuelle, à partir de laquelle une intrigue collective va se greffer. Et l’aventure du « vivre-ensemble » recommence à chaque feuilleton. Pour les auteurs, ce parti-pris a nécessité qu’elles rajoutent des personnages secondaires par rapport à leur BD, trop elliptique. Ce réseau de complices et de faux alliés fera avancer les intrigues, au sein d’un lieu unique : le terrier et son cadre naturel. Elles ont également veillé à transposer des situations humaines aux rites des animaux : manger une limace devient la parabole de la perte d’une dent de lait…

La Famille Blaireau-Renard

La Famille Blaireau-Renard

Rien n’a été négligé et l’on découvre un souci méticuleux du détail dans les postures, les gestuelles, le langage, les voix, les couleurs (orange renard et noir/gris blaireau pour symboliser les différences –en apparence). Les coccinelles battent des ailes, les feuilles des arbres bruissent, les prairies sont vertes et l’eau des rivières bleue comme le ciel, l’ensemble ondule en un rythme lent, comme un nuage. Pour le réalisateur Florian Ferrier, cette cadence ralentie et poétique a constitué un autre parti pris pour singulariser la série : 130 plans quand la norme préconise entre 180 et 200 séquences. Ce découpage a permis de prendre le temps sans tomber dans quelque chose de didactique, même lorsque les situations impliquent une certaine pédagogie. Le temps passe en douceur sans basculer dans l’ennui. Les dialoguistes et scénaristes ne se sont imposés aucune limite ni aucun filtre pour tendre vers une série animée réaliste. Les personnages ne crient pas, ils n’élèvent pas la voix, l’écriture « premier degré » permet le : « on dit tout », « on montre tout », sans tabou. La vie prend le dessus, tout relève du bon sens.

Même la musique accompagne ce souci de vérisme et naturalisme. La bande sonore est imaginée à partir de xylophones fabriqués en bambous, de trompettes-tuyaux-d’arrosage. Des sonorités composites, de bric et de broc, qui collent à la diversité des situations et à un certain esprit « bohême » et harmonieux.

En regardant « La famille Blaireau-Renard » on réapprend la bienveillance, l’écoute, le partage, la fraternité, la tolérance, la confiance, on apprend à composer avec les difficultés, à quitter nos zones de confort. Et même si ça n’existe pas, on parvient à entendre les odeurs. C’est lumineux et simple.

La Famille Blaireau-Renard

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Pour la productrice Maïa Tubiana, l’enjeu était de construire un « nuancier émotionnel sur des thèmes universels ; miser sur l’apprentissage du ‘vivre-ensemble’ sans artifice, à hauteur d’enfants, sans négliger l’œil des parents ». Pari réussi puisque l’international lorgne déjà sur « La famille Blaireau-Renard » avant même sa diffusion à la télévision française ! On ne dira jamais assez à quel point s’inspirer des animaux rend meilleur, partout dans le monde ! Foi de #lanouvelleolympe !

La Famille Blaireau-Renard –dès le 9 avril ; « Les Zouzous » France 5. Auteur bible littéraire : Christel Gonnard, Brigitte Luciani. Auteur bible graphique : Ève Tharlet. Direction d’écriture : Marie de Banville. Musique originale : Guillaume Poyet. Musique chanson générique : Vincent Boutolleau. Paroles : Pascal Parisot.

Animation : Images de synthèse, rendu 2D.

Coproduction : Dargaud Media, Ellipsanime, Phim CGI.

Avec la participation de France Télévisions (France 5, Les Zouzous) et du CNC.

Avec le soutien de la région Nouvelle-Aquitaine dans le cadre du pôle Magellis.

Avec le soutien du département de la Charente.

Avec le soutien de Europe Créative et Procirep.

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#lanouvelleolympe
Rueil-Malmaison (92)

Petite Chatte-de-Van, je suis mi-Arménienne, mi-Bretonne. J'ai été retrouvée abandonnée dans une station balnéaire du Finistère Nord un jeudi du mois d'août. Blanche immaculée, je suis génétiquement sourde. Je me positionne comme la porte-parole des chattes handicapées, exilées, maltraitées, réfugiées et résistantes. A travers l'écran, je mène à présent une vie socialement divertissante et épanouie, dans la sphère culturelle et artistique parisienne.

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