La Ronron-thérapie

By on 7 août 2016

La ronron-thérapie

La ronron-thérapie

« Ces chats qui nous guérissent » sous-titre Véronique Aïache l’auteur de ce premier ouvrage sur les facultés de guérison des chats. Autant « Les pouvoirs des Chats », son deuxième opus, m’avait semblé superficiel, comme si elle s’était mise à surfer sans effort particulier sur le succès rencontré par le premier, autant ce livre –le premier donc, est documenté, clair et précis.

Digressions apparentes

Véronique Aïache commence toujours par Internet et Google pour entamer ses démarches. Si le net semble lui suffire pour « Les pouvoirs des Chats », s’agissant de la Ronron-thérapie elle approfondit le propos auprès de spécialistes, journalistes, du CNRS ou de professeurs du Collège de France, de témoignages de soignants en gériatrie, d’associations. Elle digresse souvent, comme si elle avait du mal à tenir son conducteur et à rester concentrée mais, à l’instar d’un félin, elle retombe sur ses pattes avec habileté et nous en apprend pas mal au passage.

Sur les bars à chats antistress, devenus aujourd’hui incontournables et auxquels succèdent désormais les hôtels, pensions et clubs 5 étoiles. Idée originelle vertueuse : « Les clients de ce café sont tous assez seuls et excessivement stressés (…). Les chats les détendent et leur permettent de créer des liens en engageant la conversation sur un chat qui ronronne entre les deux ». Ecoutons cette anecdote, d’un patron de ces endroits nés au Japon, où la plupart des propriétaires refusent d’accueillir des locataires avec des chats en raison de l’exiguïté des logements : « En tendant tous les deux en même temps la main pour caresser Pourut, un chat court sur pattes, deux clients ont fait connaissance et sont mariés aujourd’hui ! ». Sur ce chapitre des bars et hôtels à chats, répandus désormais sur tous les continents, le principe est parfois dévoyé et l’intérêt de l’animal n’est plus considéré. Le point de départ, ne l’oublions pas, est de trouver une solution face à l’abandon ou la maltraitance que les chats peuvent subir, et d’offrir une alternative aux associations.

Sur les pratiques visant l’harmonie et la sagesse, comme le Feng Shui ou le Yoga. S’agissant du Feng Shui, dont l’énergie qui circule est destinée à nous équilibrer au sein des lieux dans lesquels nous évoluons, il suffirait de suivre les déambulations de notre chat chez soi pour identifier les lieux purifiés, où notre organisme serait préservé. « En effet, il (le chat) ne s’installe pas à un endroit par hasard, mais pour purifier le Chi négatif qui s’y trouve ».

Sur leur pouvoir protecteur : « Fins limiers, les félins participent à leur manière à la protection des vers à soie contre les rongeurs. (…) Ils deviennent symboles de paix, de fortune et de sérénité pour les familles ». Sur le continent asiatique en particulier, cela se traduit de manière symbolique à travers le Maneki Neko, porte-bonheur. Il lève la patte droite –Fuku et promet bonheur et félicité, si c’est la patte gauche –Sen Ryo, il garantit la fortune. Sauf que le chat vous élit, vous ne le choisissez pas, fut-il un talisman kitch. Le Maneki Neko vous convie, et non l’inverse.

Sur l’histoire : « La première découverte d’ossements de chat à Chypre montrait que l’homme avait amené des chats depuis le continent jusque sur les îles, mais nous ne parvenons pas à déterminer si ces chats étaient sauvages ou domestiques. Avec cette découverte, nous pouvons maintenant certifier que les chats étaient liés aux hommes ». Nous sommes entre 8300 et 7000 avant JC. De Chypre, nous remontons le Nil, 4000 ans avant JC jusqu’à Bastet, sanctifiée 2000 ans avant notre ère. Un passage rappelle la fragilité du statut des animaux, qui aurait tendance à régresser : « Je suis une Egyptienne de l’Antiquité, j’adore les chats, et je ne suis pas la seule. Tous ceux qui les côtoient les vénèrent. La loi interdit de les maltraiter. Encore moins de les tuer » (Cléopâtre).

Les mystères du ronronnement des chats

J’ai beaucoup appris sur notre pouvoir à nous les chats, à travers nos ronronnements mais pas que. En résumé que « parmi les bienfaits qu’ils apportent (…) : l’affection (92%), le maintien de la vigilance (72%), la mobilité (57%) et le sentiment d’utilité (53%) », et d’après une revue spécialisée suite à l’enquête d’une journaliste : « Au Canada et en Autriche, chiens et chats sont intégrés à certaines structures gériatriques pour participer à des programmes de thérapie ou de rééducation fonctionnelle pour des résidents particulièrement désorientés ». Cet article vient souligner les bienfaits constatés dans un service de soins de longue durée qui a accueilli un chat par hasard, et suivi les évolutions des patients au contact de l’animal, devenu une mascotte. L’auteur poursuit : « le ronronnement aurait un effet réel sur la cicatrisation des tissus lésés, et sur l’anabolisme en général », des propos qui seraient confirmés sur le site Animal Voice, et « selon une étude menée par le docteur Marcos Einis, psychiatre parisien, l’animal est un stimulant émotionnel hors pair. S’occuper de lui oblige en effet à rester actif par le biais des attentions à lui prodiguer. Ces activités aident se repérer dans le temps et à rester vigilant »

 

Entre 25 et 50 Hertz

Le point majeur réside dans le principe des fréquences basses émises par le ronronnement du chat, qui oscillent entre 25 et 50 hertz, « bien connues des compositeurs de musique, car elles permettent de provoquer des émotions ». C’est bien simple, pour en avoir le cœur net, j’ai prêté le livre à mon agent. Elle souffre de dysplasie rotulienne depuis l’enfance. Elle était suivie à l’hôpital, en rééducation fonctionnelle, et par un kinésithérapeute. Elle n’est plus retournée ni à l’hôpital ni chez son kiné depuis quatre ans, c’est-à-dire précisément depuis qu’elle m’a adoptée (l’inverse serait plus juste). Jusqu’alors elle n’avait pas effectué de rapprochement et après avoir lu cet ouvrage elle a appelé son kiné. Stupéfait et prudent, il a tout d’abord mis en avant l’aspect psychologique réconfortant du chat. Puis il a admis qu’il la soignait en employant l’électrothérapie, au moyen d’électrodes qui émettent des ondes vibratoires, des ultrasons. Il a confirmé la fréquence qu’il utilisait pour soigner ses rotules défaillantes : entre 25 et 50 hertz, qui calment la douleur et procurent un effet antalgique. Son kiné ne prétend pas que le ronronnement que j’émets est source de guérison. Il ne nie pas non plus l’idée selon laquelle mes ronronnements auraient pu avoir un effet équivalent. Le fait est que depuis quatre ans, mon agent ne souffre plus et s’est même vu courir pour attraper un bus, ce qu’elle n’aurait jamais oser auparavant, moins à cause de la douleur que par peur. A chacun d’éprouver, cet ouvrage invite à la réflexion.

Par la pratique

Véronique Aïache propose enfin quelques exercices, déclinés de nos postures félines et de nos étirements. Ces pratiques visent à renforcer l’équilibre, la relaxation, la respiration et le bien-être. Elle ne néglige pas, pour terminer, le pouvoir inspirant des chats, éprouvé sur nombre d’auteurs. Moi-même, devenue muse créatrice sous le pseudonyme de #lanouvelleolympe ! De Zola à Hemingway en passant par Colette, Rousseau, Malraux ou Gustave Doré, et leurs citations bien trouvées. S’il ne fallait en retenir qu’une ? Celle-ci, qui émane d’un homme exemplaire, l’humaniste Victor Hugo : « Dieu a inventé le chat pour que l’homme ait un tigre à caresser chez lui »

Enfin, si ces propos ne vous suffisent pas, l’auteur a pensé à tout : en bonus, 30 minutes de ronron-thérapie, rien que pour votre méditation !

#rrraowwwww #maowwwww

La ronron-thérapie, ces chats qui nous guérissent… de Véronique Aïache, 168 pages illustrées, avec un CD de ronrons. Editions Trédaniel, 16 euros.

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Rueil-Malmaison (92)

Petite Chatte-de-Van, je suis mi-Arménienne, mi-Bretonne. J'ai été retrouvée abandonnée dans une station balnéaire du Finistère Nord un jeudi du mois d'août. Blanche immaculée, je suis génétiquement sourde. Je me positionne comme la porte-parole des chattes handicapées, exilées, maltraitées, réfugiées et résistantes. A travers l'écran, je mène à présent une vie socialement divertissante et épanouie, dans la sphère culturelle et artistique parisienne.

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