Truman

By on 19 juillet 2016

Truman, de Cesc Gay (1h48), avec Ricardo Darin, Javier Camara, Dolores Fonzi

Truman

Truman

C’est l’histoire d’un ami, Tomas. Peu disert mais au regard plus éloquent que tous les mots des plus prestigieux orateurs réunis. Il part de son pôle nord un beau matin. Il abandonne femme et enfants au confort de leur maison douillette, qui les protège de la neige. Direction le pôle sud. Il retrouve son ami, Julian, qui vit avec son chien Truman à Madrid, et dont le fils étudie à Amsterdam. Le chien, c’est un Bullmastiff, avec une sacrée bouille de dogue et un flegme tout britannique. Il lève un sourcil, ou l’autre, les babines pendantes. Il inspire quand il est triste, il expire quand il est heureux, aux pieds du lit de son maître, dans leur tanière masculine. Julian est acteur et comédien, il a connu la gloire. C’est terminé. D’ailleurs, il est viré du théâtre. Sa flamboyance est gangrénée. Ça a commencé par un cancer des poumons, et puis c’est le foie. En vérité, ça semble généralisé. Julian refuse de se soigner pour profiter des jours et des nuits. Il veut picoler, manger, boire des coups, fumer des pétards, écouter du rock argentin, en compagnie de son meilleur pote et de sa sœur. Il veut aussi dire au revoir à son fils, à son ex-épouse, s’excuser auprès de ceux qu’il a pu trahir et découvrir que ceux-là lui témoignent une sympathie non feinte qu’il n’aurait pas soupçonnée. D’autres en revanche, qui autrefois se prétendaient amis, l’ignorent à la table d’à côté, au resto.

Une économie de mots, parce que les gestes postures prunelles et silences sont manifestes. Ils restituent la pureté des sentiments, la simplicité de l’amitié, la tendresse de l’amour, la pudeur du déclin, la confiance inconditionnelle d’un animal. Toute la justesse de la vie, concentrée en quatre jours. Le temps que reste Tomas. C’est court. C’est suffisant pour préparer le plus délicat des héritages : le souvenir d’instants aussi éphémères qu’inoubliables.

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Rueil-Malmaison (92)

Petite Chatte-de-Van, je suis mi-Arménienne, mi-Bretonne. J'ai été retrouvée abandonnée dans une station balnéaire du Finistère Nord un jeudi du mois d'août. Blanche immaculée, je suis génétiquement sourde. Je me positionne comme la porte-parole des chattes handicapées, exilées, maltraitées, réfugiées et résistantes. A travers l'écran, je mène à présent une vie socialement divertissante et épanouie, dans la sphère culturelle et artistique parisienne.

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