Ma vie de chat !

By on 28 juillet 2016
Ma vie de chat

Ma vie de chat

Ne vous y fiez pas ! Surtout pas au générique composite de vidéos lolcats !  Comédie sans aucun doute, fantastique : pas tant que ça. Bien plus proche de la réalité qu’il n’y paraît les #chatmis ! Oui, ce film est bien davantage ! Sous couvert de légèreté, des thèmes sociétaux sont traités avec toute la félinité et l’agilité du chat. Remarquable observation du pouvoir mystérieux inhérent à ces animaux, et de leur capacité à décider et agir. Ils ne se laissent pas domestiquer aussi facilement, croyez-en mon expérience. S’il est admis qu’un « chat ne sera jamais une personne », il n’empêche : lorsqu’il vous a choisi, c’est pour une bonne raison. S’il s’empare de votre âme et de votre corps, c’est que l’affaire est sérieuse. Ça annonce la remise en question. Le chat agit avec intention, jamais par hasard. Il faut savoir l’écouter, le considérer, s’en préoccuper et le décrypter. Le chat guide, montre la voie, indique le chemin, oriente et recentre. Il fournit des tas d’indices. Oui, tout ça à la fois, mais seulement lorsque cela s’impose. Tout le monde n’a pas la chance d’être élu par un chat. Si c’est votre cas, ne passez pas à côté de ce qu’il vous enseignera.

L’histoire

Tom Brand (Kevin Spacey, éblouissant de fantaisie et d’insolence) est un type mégalo, égotique, égocentrique, cynique. Une tique. Et les chats, ça aime pas les tiques. Il affiche une carrière éclatante, des réussites époustouflantes. Tout ce qu’il initie se transforme en or. Bientôt il va célébrer la plus haute tour de tout l’hémisphère nord, son logo est déjà placardé dans l’univers. Il est au sommet. Puissant. #Chatpeau ! Sauf que : il y a un revers à cette gloire. Il a oublié sa famille et ses sentiments au passage. Après un premier divorce, il délaisse sa seconde femme Lara (Jennifer Garner, flamboyante et lumineuse) et sa petite fille Rebecca (Malina Weissman, d’une beauté et d’une justesse désarmantes) qui, en dépit de tous ses privilèges n’attend qu’une chose de la vie : que son père la considère et la tendresse d’un chat. Elle est surprotégée et gâtée à outrance, il lui manque néanmoins l’essentiel : l’amour. Son demi-frère aussi est amer. Méprisé et placardisé dans l’entreprise paternelle –FireBrands, il espère la reconnaissance de son père.

Le jour de l’anniversaire de Rebecca, ce père démuni d’affection, acculé et préoccupé par d’autres affaires plus importantes à ses yeux, accepte d’offrir un chat à sa fille et espère conclure vite, qu’on en finisse. Seulement voilà : c’est sans compter sur le pouvoir des chats.

Dans la boutique, le maître des lieux Félix Perkins (extraordinaire Christopher Walken qui dévoile une fois de plus la puissance surnaturelle, énigmatique, intrigante et pétillante de son jeu) demeure en retrait. Il chuchote à l’oreille des félins massés en nombre dans et autour de l’endroit qui ressemble à un repaire félin bizarre, secret et underground, assez peu rassurant pour qui manquerait d’audace. Ce qui n’est pas le cas de Tom Brand, que le panache et l’arrogance précèdent. C’est là que Monsieur Fuzzypants (pantalons de fourrure), un chat des forêts de Sibérie aux yeux bleu-lagon-glacier, entre en jeu. #Chatpristi !

Monsieur Fuzzypants va séduire la petite Rebecca d’un feulement concluant, occasion rêvée pour prendre l’apparence de Tom Brand. Le plan fomenté par Felix Perkins est au poil de chat, soyeux lustré. Il est grand temps de le remettre à sa place, ce Tom Brand, de lui rappeler des valeurs nobles, le sens des choses de la vie ! Monsieur Fuzzypants va peu à peu animal-humaniser ce petit monde.

Lara et Monsieur Fuzzypants

Lara et Monsieur Fuzzypants

Le message

Ce film va au-delà d’une intrigue amusante : il s’agit d’une leçon de vie. Quand on a tout oublié, quand on s’est perdu et que l’on a dévoyé sa propre existence, ignoré et malmené son entourage (même involontairement), le chat demeure ce lien précieux qui ramène à l’origine, à l’essence et la pureté. Cela peut paraître niais, naïf, obscur ou inepte, pourtant il n’y a pas plus fondamental. Le chat rééquilibre, régule les battements de cœur et offre une renaissance. Tout le monde n’est pas prêt à l’entendre et à l’accueillir, mais ceux qui le sont connaîtront la sagesse, le bien-être, adopteront un regard moins condescendant et un rapport au monde altruiste et généreux. Il s’agit d’une fable : celle de l’existence. Vieille comme le monde, que l’on a pourtant trop vite tendance à occulter.

 

«On dit qu’il ne faut jamais travailler avec des animaux ou des enfants. Mais, d’une certaine façon, j’ai réussi à en vivre. Je pense que le public va vraiment apprécier ce qu’il va découvrir», indique le réalisateur Barry Sonnenfeld, qui se trouve être allergique aux poils de chats ! Belle ironie #Chatalors !

«Elle adore son père et il tient à elle, mais elle n’en a pas vraiment conscience», affirme la jeune actrice Malina Weisman, qui précise : «Il est question de karma et de l’importance qu’il y a à prendre soin de sa famille ». Eh oui : ne pas sous-estimer le #Catpower et ses révélations.

Monsieur Fuzzypants s'échappe

Monsieur Fuzzypants s’échappe

Le tournage

Ce sont de vrais chats qui ont tourné, non sans difficultés. Pas moins de six chats incarnent Monsieur Fuzzypants, identifiés avec grand soin. Une race particulière, que l’on trouve plutôt en Russie. Il était nécessaire qu’ils aient tous ce même éclat particulier de bleu dans la pupille. Le chat, c’est bien connu, ne se laisse pas facilement amadouer. Le réalisateur, les acteurs et l’équipe technique se sont adaptés au comportement indocile et séditieux des animaux. On ne dirige pas de chats au cinéma, on adapte sa réalisation au comportement des chats. J’en ai fait l’expérience, ou plus exactement Gilles Verdiani qui m’a dirigée dans son premier long-métrage, en a fait l’expérience !

Peu de plans numériques sont venus compléter le montage, notamment certains déhanchés félins. La plupart des acrobaties sont réalisées par les chats, qui tantôt écrivent et décapuchonnent un stylo-plume, tantôt se servent un whisky depuis une carafe en cristal, tantôt jouent, tantôt se montrent câlins, tantôt immobiles, vibrisses en alerte face caméra tendus vers l’action-moteur.

Aux côtés des chats, les acteurs se sont révélés enthousiastes, et aucun d’eux n’est secondaire. Chacun a un rôle précis à jouer, porteur d’un présage ou d’un conseil qui, mis bout à bout, vont constituer le puzzle d’une existence déformée, qui n’a plus rien d’incarné.

« C’est un projet formidablement bien écrit qui réunit des acteurs merveilleux et Barry Sonnenfeld aux commandes pour couronner le tout. Du beau boulot», a déclaré Christopher Walken, rajoutant : «En plus, j’ai toujours adoré les chats. J’en ai toujours eus, et je trouve que Félix me ressemble beaucoup». Propos complétés par Jennifer Garner : « Kevin Spacey achète ce chat à Christopher Walken, ce qui est en soi le signe que le film sera un peu barré, magique et merveilleux». Quant à Kevin Spacey, il est admiratif : «Barry Sonnenfeld a réalisé quelques très grands films, parmi les meilleurs de tous les temps. Du coup, quand il est arrivé sur ce projet, j’ai été totalement emballé». Laissons le mot de la fin au réalisateur : «Kevin est parfait pour ce rôle, parce qu’il est intelligent, drôle, et sarcastique et qu’il sait aussi bien interpréter un personnage chaleureux ou foncièrement glacial. La voix de Kevin est également parfaite, car elle est facilement reconnaissable, et peut être amusante ou cynique. C’est tout ce dont on rêve pour un doublage».

Monsieur Fuzzypants

Monsieur Fuzzypants

Mais nous, spectateurs embarqués et convaincus, nous ne rêvons pas, envoûtés par les chats et leur savoir impénétrable, dont ils continueront sans doute longtemps à garder la formule magique pour ceux qui méritent une seconde chance, dans la vie.

Le film de votre été, mes #Chatmis ! foi de la #lanouvelleolympe

Ma vie de chat (1h27), comédie fantastique franco-chinoise, de Barry Sonnenfeld, avec Kévin Spacey, Jennifer Garner, Christopher Walken, Malina Weissman

Bande originale :

 

 

 

TAGS

LEAVE A COMMENT

#lanouvelleolympe
Rueil-Malmaison (92)

Petite Chatte-de-Van, je suis mi-Arménienne, mi-Bretonne. J'ai été retrouvée abandonnée dans une station balnéaire du Finistère Nord un jeudi du mois d'août. Blanche immaculée, je suis génétiquement sourde. Je me positionne comme la porte-parole des chattes handicapées, exilées, maltraitées, réfugiées et résistantes. A travers l'écran, je mène à présent une vie socialement divertissante et épanouie, dans la sphère culturelle et artistique parisienne.

Rejoignez-moi !