Ma bénédiction par le chapelain de Sainte-Rita

bénédiction par le Père Pierre-Oliviers Picard
bénédiction par le Père Pierre-Oliviers Picard

Le chapelain de Sainte-Rita me bénit

Vendredi 28 novembre. Aujourd’hui j’ai rendez-vous avec le Père Pierre-Oliviers Picard pour ma bénédiction. Le Père POP est chapelain de Sainte Rita, église catholique située boulevard de Clichy à Paris, qui dépend de la Paroisse de la Trinité. A ne pas confondre avec l’église catholique gallicane Sainte Rita, rue François Bonvin dans le 15ème arrondissement de Paris, qui appartient à la communauté apostolique suisse, où monsieur Dominique Philippe officie.

Rita (Marguerita) naît en Italie (Cascia, Ombrie), en mai 1381. Mariée jeune à un homme qui la maltraite, elle pardonne et le convertit. Son époux est bientôt assassiné, et ses fils jumeaux se révèlent vindicatifs. Ils fomentent une vendetta, mais Rita prie pour que Dieu les rappelle à lui. Son vœu est exaucé. Elle décide alors de se consacrer aux âmes perdues, et d’entrer en religion au couvent des Augustines de Cascia. D’abord réticentes, les sœurs acceptent en 1421. Rita avait convaincu les habitants de Cascia, et les sœurs, de sa foi et de son pardon. Rita est reconnaissable entre toutes les saintes, portant sur le front les stigmates d’une épine de la croix du Christ. Une plaie incurable, qui lui vaudra de terminer encellulée. Elle prodiguera néanmoins de nombreux miracles. Elle meurt le 22 mai 1457, canonisée par le pape Léon XIII le 24 mai 1900. Patronnes des causes perdues et désespérées, elle protège aussi, de fait, les animaux. La châsse qui abrite son corps se trouve en l’église Sainte Rita de Cascia.

Le Père Pierre-Oliviers Picard a adapté le prénom choisi par ses parents, en référence à l’agonie de Jésus au jardin des Oliviers. Agonie signifie combat. Cet épisode raconte la révolte de Jésus, le jeudi soir de la dernière Cène, avant de s’en remettre à la volonté divine, du Père. Il vient prier dans ce jardin, accompagné de ses disciples qui s’endorment, laissant le Christ seul dans sa passion. Le Père Picard accompagne les solitudes, les détresses, les personnes démunies et découragées, ceux qui parfois n’ont personne d’autre à qui, simplement, parler.

J’ai ressenti le besoin d’une bénédiction, par le père Pierre-Oliviers Picard, en la chapelle Sainte Rita. Parce que ma vie est une bénédiction depuis Elle, qui m’a trouvée, adoptée, soignée, puis abandonnée, et retrouvée, avant de m’aimer. J’aime ce mot de Cécile Guilbert, que je reprends volontiers : nous nous sommes humanimalisées. Un bienfait qui se loue. Nous nous accompagnons l’une l’autre, Elle et moi, chacune à sa place.

Le Père choisit le texte le plus évident, porteur de sens. Le premier. Génèse : la création 1.1-4.2. Chapitre 1 : création du ciel et de la terre.

« Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. La terre n’était que chaos et vide. Il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme et l’Esprit de Dieu planait au-dessus de l’eau.

(…)

Dieu dit : Que la terre produise des animaux vivants selon leur espèce : du bétail, des reptiles, et des animaux terrestres selon leur espèce. Et cela se passa ainsi. Dieu fit les animaux terrestres selon leur espèce, le bétail selon leur espèce et tous les reptiles de la terre selon leur espèce. Dieu vit que c’était bon.

Création de l’être humain et repos.

Puis Dieu dit : Faisons l’homme à notre image, à notre ressemblance ! Qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre et sur tous les reptiles qui rampent sur terre. Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu. Il créa l’homme et la femme. Dieu les bénit et leur dit : Reproduisez-vous, devenez nombreux, remplissez la terre et soumettez-là ! (…) A tout animal de la terre, à tout oiseau du ciel et à tout ce qui se déplace sur terre, à ce qui est animé de vie, je donne toute herbe verte pour nourriture. Et cela se passa ainsi. Dieu regarda tout ce qu’il avait fait, et il constata que c’était très bon. Il y eut un soir et il y eut un matin. Ce fut le sixième jour. »

Chaque chose, chaque être, à sa place. Au sixième jour, la création des hommes et des animaux, qui répondent aux mêmes commandements.

Le Père prie, et contre toute attente nous connaissons ces paroles que nous ne récitons pourtant jamais. Notre Père, qui êtes aux cieux. Puis le Père Picard me signe avec de l’eau bénite : Au nom du Père du fils et du Saint Esprit. Amen. Ensuite, nous allons discuter dans son bureau, où je me trouve à mon aise. Je joue sur et sous ses fauteuils, avec sa robe blanche, la croix disposée dans une alcôve. Je renifle sa Bible, sens ses psaumes. Son univers est apaisant, et pas dépourvu de joie de vivre. Ce prêtre est cool. Ensuite, il est l’heure de partir, mais je me cache sous les meubles. Il y en a peu, pourtant je réussis à passer de l’un à l’autre sans que ni Elle, ni lui ne puisse me saisir. Le Père POP, finalement, m’attrape et je plante mes griffes dans son pantalon. Ma  réponse humoristique au signe de bonté que j’ai reçu. Il précise que ce n’est pas grave, mais tout de même je vois bien que je l’encombre. Elle me récupère. Nous filons. J’ai reçu mon signe d’attention spirituel, je suis élue, à ma place et heureuse.

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