Reception le film (save the date) : tournage

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Reception le film (save the date)

Vendredi 14 novembre. Première journée de tournage. Je joue #Robocat dans Reception le film (save the date), premier long-métrage de Gilles Verdiani. La nuit recouvre toujours Paris, lorsqu’Elle me réveille. Je vomis dès qu’Elle m’installe dans ma valisette (je déteste être transportée, mais après ça va), dans la voiture (je déteste la voiture, mais après ça va), je m’endors sur le périphérique de chez moi au plateau de tournage, où nous arrivons aux aurores : personne n’est encore là. Nous attendons, mon agentElle, et moi, dans la voiture. Il pleut : je m’ennuie comme ça pendant 3.4 d’heures. Ensuite, l’équipe est là, et je découvre le plateau, la technique, la régie, les acteurs, le réalisateur. Je renifle tout, la moindre caméra, la plus petite ampoule, le lacet de chaussure de chaque personne. Je passe au crible chaque parcelle, le plus petit millimètre carré du studio qui représente un futur indéterminé. Dans le film de Gilles Verdiani, une comédie érotique de science-fiction, toute en suggestion, je ressens les allégories bibliques. Faut avouer que bientôt, je vais me faire bénir par un prêtre (je vous raconterai plus tard), alors je suis très à l’écoute de ce qui se déroule, les intentions du réalisateur, et ses métaphores spirituelles. C’est que je me cultive un peu. Gilles Verdiani entame la première scène, il fait référence à La Pieta. Je ne suis pas certaine que tout le monde sait de quoi il parle, mais cela importe peu, pas plus que l’attention que l’équipe me porte. Il n’y a pas davantage de compréhension vis-à-vis d’un animal. Peut-être que la plupart croient toujours que je figure un « meuble », comme la loi le stipulait encore l’année dernière. Or, à présent, je suis un être sensible. Eh oh ?!!!! Je vous comprends ! Réveillez-vous ! Eveillez-vous ! Je suis peut être sourde, je n’en ai pas moins un sens aigu des situations, du comportement des gens qui m’entourent, ceux qui en font trop, ceux qui croient maîtriser les chats parce que –hein ils en ont eu pleins toute leur vie !, ceux qui me caressent négligemment comme s’ils cherchaient me convaincre d’une humanité qu’ils n’ont pas –je ne suis pas tout à fait à côté de la plaque les gars les filles ! Il y a aussi ceux qui me comprennent, qui sentent quand je fatigue, quand toute l’agitation du plateau m’oppresse, quand on m’en demande trop : je ne suis pas actrice professionnelle.

La journée s’éternise, un tournage c’est loooonnnnng. A la fois, c’est normal, le réalisateur cherche à capturer le regard idéal, l’intonation la plus juste. J’observe tout, curieuse que je suis. Je m’imprègne des odeurs saveurs, du décor, des costumes, des répétitions. J’écoute beaucoup les OFF et constate qu’entre eux, les membres de l’équipe ne sont pas toujours bienveillants. Quand arrive mon tour, je me défile parce que personne ne considère que je suis un être vivant, et que je mérite autant d’attention que les autres acteurs. Eh oui, les caprices de comédien, ça irradie aussi les petites chattes. La plupart croient qu’il suffit de me pousser dans les escaliers avec une règle ou un balai de serpillère, au moment précis où l’assistante péremptoire et dictatoriale du réalisateur, beugle « silence on tourne », levant les yeux au ciel comme si tous, à part elle, étaient des incapables, pour que je descende les escaliers pour leur scène. Eh bien précisément, je les remonte leurs escaliers, j’emprunte le sens inverse et cours me planquer sous un meuble. Attrapez-moi les gars les filles, si vous pouvez, malins que vous êtes ! Je l’attends, Elle, et son réconfort. Il y a Luthien qui sait. Son prénom signifie lumière : elle sait tout… Romain, son partenaire, en rouge ardent rock’n’roll absolu, qui me comprend même s’il n’en rajoute pas. Fourme, l’inspecteur des mœurs qui me séduit : il me fait mourir de rire avec son humour décapant et sa vivacité. La photographe, figée dans sa robe ultra moulante que je me demande bien comment elle réussit à se contorsionner pour shooter officiellement pour le film, me saisit dans les moindres positions que j’adopte. Elle refuse pourtant de donner à mon agent les photos qu’elle prend de moi. C’est aussi cela un plateau : des jeux de rôles, hors caméra. Une comédie humaine. Un observatoire de comportements, une galerie de portraits, une petite société.

Finalement je me prête à quelques séances de réalisation. Mais en fin de journée, je suis paumée. Ma confiance s’épuise à mesure que les heures s’égrènent, je m’épuise. Elle a peut-être fait preuve de vanité en m’entraînant sur ce tournage, je lui en veux. Elle comme moi, pourtant, tentons le maximum et essayons de conserver l’état d’esprit le plus fair-play. Je ne sais pas si ma prestation sera convaincante, et mine de rien j’espère que oui. J’ai ma fierté. Après tout, je suis une chatte bénévole et bien éloignée du cinéma. Je n’y connais pas grand chose. Je fais au mieux pour comprendre ce que l’on attend de moi. En Langue des Signes, Elle m’indique mon rôle, mais je fais mine de ne pas tout comprendre quand la journée s’étire décidément trop à mon goût.

Elle croît au long-métrage de Gilles Verdiani. Elle a participé au dispositif de crowdfunding sur kisskissbankbank, avant même d’imaginer que je serais sélectionnée pour le rôle de #Robocat. Alors, jouons le jeu –le cas de le dire. Gilles Verdiani m’a offert cette chance inouïe de tenter l’aventure du cinéma. Une sacrée expérience que cette Reception le film (save the date).

La suite au prochain jour de tournage, le 29 novembre.

La Nouvelle Olympe

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